L’année 2012 touche à sa fin, et apparemment la fin du monde approche. Forcément, c’est l’heure du bilan. De cette année, on se souviendra du superbe deuxième album de Tame Impala, qu’on a écouté en boucle Franck Ocean, dansé sur Flutes de Hot Chip, déambulé dans les couloirs de châtelet sur La Fôret de Lescop et on se rappellera avec émotion de l’été passé au son des Two Doors Cinema Club. Mais certains méritent la peine qu’on s’y attarde. Voilà mes deux coups de coeur, plein phare sur deux groupes plein d’avenir.

– O Safari : Rennes n’en finit pas de nous dénicher les génies de demain. Après Juveniles, c’est au tour de O Safari d’arriver sur le devant de la scène avec leur EP « Taxi », déjà salué par la critique. Le premier single est sensuel comme la voix d’Etienne Daho et plus électro que les synthés de Giorgio Moroder. C’est une véritable invitation à danser. O Safari électrise. S’ils se réclament de la période new wave, ils réussissent, avec brio, à prendre le meilleur des années 1980. Résultat ? Un premier EP pop, énergique et très prometteur.

– Citizens! : Prenez 5 jeunes et beaux anglais, ajoutez un soupçon de rock et une pincée de pop, vous aurez Here we are, le premier album (très) réussi du groupe Citizens!. Découvert par Kitsuné, le groupe est produit par Alexander Kapranos, le leader de Franz Ferdinand. Né sous une bonne étoile, Citizens! réussi à se démarquer du style musical de son parrain. Inspiré par Bowie, Suede et les Sparks, ils revendiquent faire de la pop. Le groupe réussi à redorer le blason de ces trois lettres, sans sombrer dans le déjà vu.

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– Du 15 au 18 novembre, Paris Photo investit le Grand Palais. Paris Photo c’est 151 exposants et plus de 1 000 artistes. Cette année, David Lynch propose aux visiteurs de voir l’exposition à travers ses yeux, à travers un parcours et un livre publié aux éditions Steidl. Le figaro nous informe que cette année, le nu est à l’honneur. Véritable courant dans la photographie depuis sa création, le nu ne vieillit pas, il souligne les grandes évolutions des sociétés à travers le monde.

– Selon Le Monde, le 25e prix Goncourt des lycéens a été décerné à Joël Dicker pour La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert publié aux éditions de Fallois-l’âge d’homme. Le livre traite d’un jeune auteur qui part enquêter sur un meurtre aux Etats-Unis. Peut être inspiré de Truman Capote, c’est seulement le deuxième roman de ce jeune suisse de 27 ans. Ce prix a mobilisé plus de 2 000 lycéens dans toute la France.

– La semaine prochaine, le très attendu Thérèse Desqueyroux sortira en salles. Le dernier film de Claude Miller ( l’Effrontée, La petite voleuse), mort le 4 avril dernier, avait été présenté à Cannes hors compétition. Les critiques sont si dithyrambiques que l’on trépigne d’impatience. On parle d’un chef d’oeuvre bouleversant de mystère. L’histoire se passe en France, dans les années 1930. Audrey Tautou tient le rôle d’une femme froide, mystérieuse, que les moeurs de l’époque poussent à faire le pire. A ses côtés, Gilles Lellouche tient le rôle de son mari qu’elle haït au point de l’ empoisonner petit à petit. Il signe le plus beau rôle de sa carrière, à contre courant de ses derniers films. Immanquable.

Vous en avez marre des parisiens qui se grattent le menton devant les œuvres vues et revues de la FIAC ? Alors courrez voir The Museum of Everything !

The Museum of Everything c’est une expo éphémère, située boulevard Raspail, dans une ancienne école de 1000 m2. C’est comme un grand cabinet de curiosité et ça vaut vraiment le coup d’œil. Après s’être installé à Londres, Turin et Moscou, l’Exhibition #1.1 débarque à Paris jusqu’au 15 décembre. On retrouve 500 œuvres d’artistes autodidactes, visionnaires, pacifistes, des artistes inconnus qui ont le mérite d’être originaux. Le résultat est épatant. Dessins, peintures, sculptures, installations diverses ont été sélectionné par un groupe de collectionneurs et d’artistes avisés.

A l’origine, c’est une initiative de l’ex-directeur du Palais de Tokyo, Marc-Olivier Wahler qui crée la Chalet Society. C’est-à-dire une réflexion sur l’institution artistique contemporaine. Une communauté à la recherche d’une « conscience poétique ». Ce terme fait référence au roi de Pologne Saul Wahl Katzenellenbogen, élu en 1586. Il ne régna qu’une seule nuit, mais eu le temps d’énoncer un certain nombre de prédictions, dont celle sur 2012 : « Une année charnière, sombre. Si une conscience poétique est développée, alors le ciel s’éclaircira ». Un peu mystique, mais totalement décalé, clairement poétique, ne pas y aller serait presque un péché !

L’entrée se fait en s’inscrivant sur le site http://www.musevery.com/, l’expo fermera ses portes pour de nouvelles aventures le 15 décembre. On y va du mercredi au dimanche de 11h30 à 20h.

En un mot? Bouleversant. Dans Amour, de Michael Haneke, Georges ( Jean Louis Trintignant), un octogénaire, se retrouve face à sa femme Anne ( Emmanuelle Riva) mourante. Le film traite de la vieillesse, de l’amour d’un couple octogénaire, et l’incompréhension de leur enfant Eva ( Isabelle Huppert) face à ce dévouement peu raisonnable. L’humiliation est toujours au centre du travail du réalisateur, ici sous la forme de la maladie, montrée sans tabou.  » Et si on essayait d’être heureux, ne serait ce que pour donner l’exemple ?  » Jean Louis Trintignant cité ces vers de Jacques Prévert lorsque le film remporte la Palme d’or à Cannes. Amour, c’est surtout l’histoire d’un homme qui essaye malgré tout d’être heureux, qui ne se laisse pas abattre. Sa vie, c’est sa femme et l’amour qui les lie. La mort qui va les séparer, cette fatalité qui nous attend tous, les rapproche davantage. Personne ne peut le comprendre. Ce couple n’a jamais été aussi intime que dans ces derniers moments, pourtant montrés sans tabou. Dans Amour, la complexité des relations est filmée avec brio, et cela donne un film magnifique et intense. On a envie d’être vieux, et d’avoir un Georges à nos côtés, pour nous fredonner des chansons. Merci.  

 

Sortie le 24 octobre 2012

Flâner à une exposition, sortir ébloui d’un film, être bouleversé par une pièce de théâtre, un livre, un artiste. La culture c’est une chance. Une chance qu’il faut savoir saisir. Alors que faut-il voir, regarder, écouter, admirer ? Paris regorge de bons plans. Paris, c’est le théâtre de la vie culturelle française. A travers les événements d’aujourd’hui et de demain, nous allons découvrir ou redécouvrir, nous nourrir de ce que Paris a de mieux à nous offrir. Ici, nous allons décrypter, analyser, aimer ou détester ce que notre Ville Lumière nous offre sur un plateau d’argent. Qu’on aime le théâtre, le cinéma, l’art, lire, se divertir tout simplement, essayons d’être critique. Des expo grands public en passant par les petites galeries indépendantes, des blockbusters américains aux films d’auteurs, soyons curieux, mais surtout osons ! Le petit Pariscope essaiera d’avoir des yeux partout, de trouver les bons mots et enfin de vous faire partager ses coups de coeur…comme ses coups de gueule. A l’attaque ! 

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